Bruno, l’homme aux prières bien ordonnées et aux convictions trempées dans l’eau bénite, a vu le jour à Cholet, au cœur d’une Vendée où les clochers ne penchent jamais à gauche. Aîné d’une lignée d’édiles, il grandit entre le banc d’église et la selle de son cheval ibérique, apprenant dès l’enfance que l’ordre et la tradition sont les deux piliers qui tiennent une société debout.
Dès ses jeunes années, le divin doigt du destin le pointe : Philippe de Villiers, prophète du Puy du Fou, le prend sous son aile et lui confie la mise en scène de la grande geste vendéenne. Là, au milieu des feux et des sabots martelant la terre, Bruno forge sa vision du monde : il y a les héros et les traîtres, les croyants et les impies, la civilisation et la décadence.
Son chemin est tout tracé, presque écrit dans un missel. Il gravit les échelons du pouvoir avec la discipline d’un moine copiste, du conseil général au Sénat, puis à la région. Chaque élection est une nouvelle confirmation céleste. Dieu et la Vendée sont avec lui. Sa droite n’est pas molle, pas souillée par les compromissions de la République moderniste. Elle est droite comme un cierge pascal, intransigeante comme un catéchisme d’antan. Le mariage pour tous ? Une hérésie. L’IVG dans la Constitution ? Un blasphème. La laïcité ? Une imposture quand elle s’attaque aux crèches de Noël.
Fidèle de Saint Fillon, il voit tomber son mentor sous les coups des nouveaux pharisiens et assiste, consterné, au triomphe du progressisme dissolvant. Mais il ne fléchit pas. Il est de ceux qui résistent aux vents mauvais, à la tempête du relativisme moral, à la dictature du wokisme.
Et puis, enfin, la grande consécration : l’Intérieur. Bruno endosse la charge avec la gravité d’un grand inquisiteur. Fini le laxisme, l’immigration à guichets ouverts, les subventions aux païens. Il durcit, il contrôle, il expulse. L’état de droit n’est pas un dogme sacré, pas plus que ces libertés modernes qui dissolvent la nation. Il rappelle aux préfets leur mission divine : veiller sur la France éternelle. Il serre la vis comme un curé zélé au confessionnal.
On le dit austère, rigide, trop catho pour son temps. Il s’en moque. La foi n’a que faire des critiques. Lui avance, sûr de son bon droit, guidé par la lumière de la Tradition, paré pour la mission sacrée de restaurer l’ordre moral et la grandeur perdue. Bruno Retailleau n’est pas là pour plaire, il est là pour purifier.
